Maroc 2014

Les amandiers étaient en fleur

Février 2014

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Amandier en fleur à Aït el HajPhoto : Daniel

Les fleurs des amandiers de Tafraout ont gelé, quelques jours avant notre arrivée. Pourtant Tafraout est la capitale des amandiers de l’Anti-Atlas et se préparait à fêter son quatrième festival dans les jours suivants. Nous en rencontrerons tout au long du parcours multipiste que nous avions concocté.

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Amandier en fleurPhoto : Marion

Notre progression sera vite stoppée par une invitation impromptue à l’entrée du village d’Azgour. D’une voiture arrêtée sur le bord de la route, un bras sort et fait signe à Daniel de s’approcher. Ils sont 6 entassés dans ce véhicule. Après les salutations d’usage, la conversation s’anime rapidement autour des problèmes du Maroc et de la désertification humaine des villages berbères. Tous sont originaires du village, mais travaillent dans les grandes villes de la côte atlantique sauf un qui est embauché dans la mine de cuivre voisine, qui a rouvert depuis quelques années. Ils sont revenus au bled pour la fête du village. C’est la tradition. Nous sommes le 22 février, fête de l’Aïd el Kebir. C’est la deuxième fête de l’Islam, après la fête de fin du Ramadan, célébrée par l’abattage traditionnel d’un animal en souvenir du sacrifice d’Abraham. Ce rituel du sacrifice est l’occasion du partage entre musulmans et non musulmans. A Azgour, un veau a été tué, collectivement payé. Nous sommes invités dans une salle attenante à la mosquée.

Appel à la prière

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AzgourPhoto : Marion

L’assemblée des hommes est réunie autour de plusieurs Imams, tout habillés de blanc, qui psalmodient des versets du Coran. Un repas nous est servi à part sous un auvent, pendant que les anciens mangent.

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Daniel mange avec les doigts à la mode berbèrePhoto : Marion

Un retraité marocain nous tient compagnie. Il tenait une épicerie dans le treizième arrondissement de Paris et partage désormais sa vie entre le Maroc et la France. Ses enfants ont repris son commerce et resteront en France. Il nous parle fièrement du peuple berbère, excellent commerçant :  » il y en partout dans le monde, les Américains en ont même trouvés qui commerçaient sur la lune ! » Nous dit-il. Il nous parle de l’évolution de son village. Il n’y a plus de jardins ici, à cause des sangliers qui pullulent depuis qu’il n’y a plus de loups. Il faudrait investir dans des clôtures trop chères pour s’en protéger. Les légumes viennent donc d’Agadir où ils sont produits de façon intensive. En milieu d’après-midi, c’est au tour des femmes de venir manger. Nous faisons une photo de nos hôtes, promettant de ne pas la publier sur internet, à la demande d’un fonctionnaire royal à la retraite.

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Mine de cuivre de TazalarhtPhoto : Marion

Nous nous arrêtons à la mine de cuivre de  Tazalarht qui fonctionne 24 heures sur 24, avant de poursuivre par des pistes ponctuées d’amandiers en fleur et de villages perdus.

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Plateau avant de descendre dans les gorges où nous bivouaqueronsPhoto : Marion

A Aït el Haj nous sommes l’attraction des enfants  qui sont malheureusement désoeuvrés. Ils jouent sur un petit terrain de foot aménagé dans l’oued.

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L’école est abandonnée. Faute d’enfants ?Photo : Daniel

C’est lundi, jour de lessive dans chaque village. Les femmes se réunissent au point d’eau, les vêtements sèchent sur les rochers ou à même le sol.

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Sèche-linge berbèrePhoto : Marion

Comme partout les femmes portent de lourdes charges sur le dos. Si les écoles sont désaffectées, des efforts sont réalisés pour l’eau.

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Des puits sont aménagés sous des auvents en béton.Photo : Marion

Nous déambulons dans le lit de l’oued qui a creusé des gorges profondes à Tazegzaout. Dans un décor de phénomènes géologiques impressionnants, les ruines de tours de gué témoignent des rezzou que les habitants ont eu à subir de la part des pillards venus du désert.

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TazegzaoutPhoto : Daniel

« Les séries sédimentaires qui se sont déposées ici au paléozoïque ont été par la suite fortement soulevées et déformées, si bien qu’elles se présentent aujourd’hui sous la forme d’ondulations interminables, dont les couleurs changent selon l’éclairage. L’eau ayant également participé au modelage du paysage, il en résulte des brèches remarquables, véritables coups d’épée dans la montagne. » (Eric Milet).  Cela faisait longtemps que nous souhaitions voir ces paysages que nous avions découverts dans le livre d’Eric Milet : « Guide des merveilles de la nature au Maroc »

Nous devions être de retour à Tafraout pour le festival des amandiers, mais un incident indépendant de notre volonté nous a retenus au « Paradis Nomade ». II y avait des concerts de musique du monde, deux conférences sur la photographie présentées par deux photographes marocains dont une femme et une exposition de photographies : «  La femme dans l’objectif » Dommage…

  1. beatrice

    On aimerait voir des photos moches , floues, ratées, sans magnifiques couleurs, sans ciel d’un bleu irréel,sans jeu de lumières et sans rencontres intéressantes, sans femme en rouge à sa fenêtre encadrée de bleu sur un mur rouge!!!

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