Maroc 2014

A la recherche de l’ibis chauve

Février 2014

Ibis chauve
Ibis chauvePhoto : Daniel

Nous quittons Essaouira pour la réserve ornithologique d’Imzi au nord de Tamri. En chemin nous traversons des champs d’arganiers et dégustons de l’amlou dans une boutique d’huile d’argan. L’amlou est le nutella berbère : confit d’amandes à l’huile d’argan et miel. L’huile d’argan vendue sur place est fabriquée manuellement par des femmes regroupées en coopérative. Chacune est rémunérée en fonction de la quantité d’huile extraite. Une démonstration est présentée dans la boutique. L’accueil est chaleureux.

Femme de la coopérative de Assaisse Ouzeka
Femme de la coopérative de Assaisse Ouzeka cassant les amandonsPhoto : Marion
Meule en pierre pour l'extraction de l'huile après torréfaction des amandons d'argan
Meule en pierre pour l’extraction de l’huile après torréfaction des amandons d’arganPhoto : Marion

Puis la route sinueuse descend vers le littoral et l’on aperçoit les dunes de sable clair surplombant la mer. «Le site est d’une rare beauté. Les dunes s’enchevêtrent, formant des assemblages uniques au dessus de l’onde turquoise de l’océan. Dans les cavités des falaises nidifient des oiseaux marins qui volent incessamment au-dessus de l’écume en poussant des petits cris. En contrebas, une houle puissante et téméraire s’acharne à détruire la base du système. Les dunes encroûtées de calcaire présentent de nombreux coquillage.» Eric Milet (Guide des merveilles de la nature du Maroc).

Nous posons notre premier bivouac marocain dans ce paysage.
Nous posons notre premier bivouac marocain dans ce paysage.Photo : Marion

Les ibis sont au rendez-vous. Ils volent au dessus de nous, nullement gênés par notre présence. Il faut dire que l’on ne risque pas de s’approcher de leurs nids. C’est la fin d’après-midi, les rayons du soleil dorent la falaise imprenable.

Site de nidification pour la reproduction
Site de nidification pour la reproductionPhoto : Marion

Et encore… un jeune berbère se promène au sommet, glisse, glisse au dessus du vide et se rattrape de justesse. Le sable coule, des ibis s’envolent. Joue-t-il à la roulette russe ? Sur le retour, il saute une barre rocheuse, il recherche les mêmes sensations que celles qui exaltent le skieur et finit par un roulé boulé en bas de la pente. D’ailleurs le lendemain nous verrons des skieurs sauter au même endroit !

Parade nuptiale d'un couple d'ibis chauve
Parade nuptiale d’un couple d’ibis chauvePhoto : Daniel

« L’ibis chauve est un drôle d’oiseau. Ce gros échassier trapu de 70 cm de haut possède un plumage entièrement noir, et un long bec courbe de couleur rouge. Comme son nom l’indique, sa tête rouge est entièrement dégarnie ; seules quelques plumes hirsutes se dressent à l’arrière de son crâne» (Eric Milet) Il se nourrit de scorpions, de reptiles et d’insectes vivant dans les milieux arides.

C’est la période de nidification, certains transportent dans leur bec de lourdes brindilles sèches.
C’est la période de nidification, certains transportent dans leur bec de lourdes brindilles sèches.Photo : Daniel

La rencontre avec Omar, responsable de la surveillance  du site, nous renseigne sur les us et coutumes de ces oiseaux. Ils viennent ici pour se reproduire. Chaque couple pond 4 oeufs dont il ne restera que 1 ou 2 poussins. Les poussins s’envolent au bout de 44 à 50 jours en fonction de la nourriture que les géniteurs trouvent. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel. Actuellement 107 individus ont été comptabilisés. L’année dernière 60 poussins sont nés. La période de reproduction  durent 4 mois, puis ils retourneront dans des dortoirs près de Tamri avec les immatures. Nous avons la chance de passer à cette période.

Nids d'ibis chauves dans la falaise
Nids d’ibis chauves dans la falaisePhoto : Daniel

Ces oiseaux vénérés dans l’Egypte ancienne, symbolisaient la splendeur et la magnificence. Ils étaient communs autrefois en Europe Centrale, en Afrique du nord et au Moyen-Orient, et font désormais partie des espèces menacées. La moitié de la population mondiale des ibis chauves vivent dans cette région « le Souss-Massa » autour d’Agadir. Cette falaise où nichent les ibis chauves est faite de calcaire et subit l’action destructrice du ressac marin. Au bruit des vagues puissantes, nous déjeunerons devant le spectacle que nous offre un troupeau de dromadaires sur la crête des dunes. Des bébés dromadaires courent comme des petits fous, soulevant des gerbes de sable sur fond d’océan turquoise.

Jeunes dromadaires batiffolant dans les dunes
Jeunes dromadaires batiffolant dans les dunes devant notre bivouacPhoto : Marion
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A la pose café, c’est un troupeau de moutons et de chèvres qui nous visite. Le berger nous demande une cigarette. Il est mal tombé, nous n’avons jamais fumé !Photo : Daniel
  1. Patrice

    Super vos photos des ibis.
    J’en avais croisé en roulant mais ma photo n’était pas terrible…Mais c’était au retour et je n’avais plus beaucoup de temps pour la chasse photo; il me fallait rentrer.

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  2. claude et vincent

    C’est génial !!!
    J’adore la vue du bivouac de l’autre coté des dunes…belle ambiance !
    Continuer à nous émerveiller …et profitez un Max !
    Biz Biz.

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  3. BB

    Merci pour vos commentaires toujours fort instructifs! Moi j’aimerai juste un bébé chameau…:) un ibis ? Non merci!bonne continuation à tous les 2

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  4. beatrice

    Quelle chance d’avoir croisé l’ibis fauve . En même temps c’est pratiquement le seul endroit au monde ou on peut le voir… Les photos sont magnifiques. . On imagine les heures que Daniel a du y passer avec plaisir et excitation. C’est autre chose qu’une équipe de goélands criards.

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  5. Jacqueline Cahen

    Pourriez-vous me rapporter un ibis chauve ? Ils mangent les scorpions, cela pourrait m’intéresser !
    Mais il pourrait être nostalgique du paysage et dépérir

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