Février 2025
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Troisième périple au Maroc avec notre AzalaÏ. Mi-février nous choisissons de passer par l’Espagne, avec quelques arrêts touristiques : delta de l’Ebre, canyon de Gorafe et Grenade. Nous avons le plaisir de passer de l’hiver savoyard à la douceur andalouse. Mais les jardins de l’Alhambra sont toujours en hibernation.
Nous profitons de la clémence de la météo pour circuler dans le Désert de Gorafe où les pistes sont très glissantes lors des périodes pluvieuses. Le canyon de Gorafe est une formation géologique spectaculaire située dans la province de Grenade, au cœur du célèbre Desierto de Gorafe. Il s’agit d’un profond canyon creusé par le río Gor au fil de millions d’années, entouré de badlands, paysages arides et érodés, aux formes photogéniques : ravins, falaises, cheminées de fées et plateaux découpés. Les couleurs dominantes aux tons ocre, rouges, roses et violets surtout dans la zone de Los Coloraos, où nous bivouaquerons, changent selon la lumière du jour, rappelant fortement l’Ouest américain.
A peine débarqués sur le continent africain, nous prenons la direction d’Asilah sur la côte atlantique, ville blanche, pionnière de l’art mural au Maroc. L’année passée, nous avions été chassés par les intempéries sans découvrir ses beautés.
Depuis 1978, le festival des arts d’Asilah invite des artistes du monde entier à décorer les murs de la médina blanchis à la chaux. C’est une des premières expériences de street art institutionnel en Afrique du Nord.
Chaque année, de nouvelles peintures murales transforment Asilah en un musée vivant qui évolue au fil du temps. Le festival a inspiré des initiatives ultérieures comme le Jidar de Rabat et le Sbagha Bagha de Casablanca, prouvant comment une petite ville côtière a aidé le Maroc à retrouver sa voix artistique, des décennies avant que l’art urbain ne devienne un mouvement mondial, qui nous fascine tant au cours de nos voyages. Musée à ciel ouvert, ces murales invitent au dialogue culturel avec tous les publics, animent les centres urbains de couleurs vives.
Les palettes oscillent souvent entre bleus océaniques, ocres, rouges et verts lumineux, influencés par le paysage environnant et les traditions chromatiques marocaines.
Chaque années les habitants repeignent en blanc les murs, y compris les jeunes, pour offrir de nouvelles surfaces aux artistes, fusionnant ainsi tradition et modernité. Ils utilisent souvent la calligraphie et l’abstraction géométrique inspirées de motifs Zellige.

Chaque fresque est perçue différemment selon l’heure du jour. Lumière changeante, ombres portées, usure du temps distillent des expériences esthétiques différentes. D’années en années, certaines œuvres disparaissent, d’autres surgissent, les parcours se redéfinissent…
L’influence espagnole et portugaise dans l’architecture d’Asilah est profonde et marque l’identité de cette petite ville. Asilah doit son charme à ses remparts portugais, tandis que l’intérieur de la médina intègre des éléments espagnols plus subtils dans les habitations et les détails décoratifs. Ces influences européennes se superposent à l’héritage arabo-andalou et berbère (ruelles sinueuses, maisons à cour centrale, chaux blanche traditionnelle).
En effet, les Portugais conquièrent Asilah en 1471 pour avoir une place forte stratégique sur la côte atlantique. Les remparts construits au XVe siècle, entourent entièrement la médina, la protégeant des menaces maritimes et terrestres. Ils représentent un exemple classique de l’architecture militaire portugaise de l’époque : murs épais en pierre massive, bastions angulaires, portes monumentales et tours de guet.

Ces remparts, parmi les mieux conservés du Maroc, offrent aujourd’hui une promenade spectaculaire face à l’océan et contrastent avec la blancheur des maisons intérieures.
Au XVIe siècle, après l’union ibérique (1580-1640), Asilah passe temporairement sous contrôle espagnol, mais les apports architecturaux directs de cette époque restent limités comparés aux Portugais.
























Bernard
En voyant ses fresques magnifiques on a envie de dire à nos peintres de rue Grenoblois, un peu comme dans la chanson : ‘’Allons voir ailleurs si l’on ne peut hybrider notre art …ne »
Francine Lesourd
Bonjour vous deux. Quel beau reportage que celui d’Assila. Ca donne envie d’aller se « perdre » dans ses ruelles. Merci. Après janvier à Bali, j’ai retrouvé Jacques au Maroc qui fait un guide ‘lieux de mémoire juifs’. Le tome 1 est sorti et ns finissons le tome 2. Il y en aura un 3ème. Travail considérable et intéressant, allant de village en village voir ce qui reste de cette présence en 1950, 60. Amitiés
Patricia Rouge
oh!!!! Vos photos sont magnifiques,j’en avais déjà vu quelques unes ,su grands écrans encore plus belles et avec la pluie ,la neige et la grisaille ça remplit les yeux de soleil
françoise leroulley
Oh toutes ces merveilles que vous nous faites partager!!!!! Un régal ! J’ai de la chance de vous connaître et de vous aimer…. Votre Sanfroise
Annie
Encore de magnifiques photos , merci pour ces moments de rêve, on oublie la pluie et on pense au soleil.
Raymond Debrot
Depuis des années, vous nous emmenez en voyage, quel bonheur !
Merci de toutes ces magnifiques découvertes.
Claire-Lise & Raymond
BB
Merci pour vos bien belles photos. Ça me donne vraiment envie de découvrir, un jour, Asilah! Bonne route à tous les 2! Avec toute mon Amitié