Afrique du Sud

Balade graphique dans Johannesburg

Juillet 2019
« Change the colors » Oeuvre de l’artiste espagnol Dourone (Fabio Lopez Gonzalo). Chapeau dans les nuages, sur fond écarlate inspiré par les motifs peints sur les maisons du peuple Ndebele.Photo : Marion

Pendant de nombreuses années le centre de Johannesburg a détenu le record mondial de criminalité. Aujourd’hui, il connait une étonnante renaissance. Il le doit à un homme visionnaire. En 2009, Jonathan Liebmann, originaire de Johannesburg, souhaite donner une nouvelle image du centre ville. Il veut créer des espaces où les gens puissent travailler, vivre et se distraire. Avant de se lancer dans l’investissement immobilier, il avait visité plusieurs grandes villes d’Europe, où une grande partie de la vie urbaine se concentre autour du quartier central des affaires. Comme Il estime qu’il pourrait reproduire cela à Johannesburg, il achète plusieurs entrepôts vides dans le quartier de Maboneng et les transforme en logements créatifs, qu’il propose gratuitement à des artistes. « Arts on Main » est né. 

Nous nous régalerons de street Art en compagnie de Damien, notre guide français, à travers les rues de Maboneng et Braamfontein.

Oeuvre de Breeze Yoko, artiste sud-africainPhoto : Daniel

Grâce à cette initiative d’autres artistes s’installent, et les habitants reviennent vivre dans le centre ville, attirés par une vie culturelle qui n’a jamais été aussi dynamique après 20 ans de déclin. Depuis, Maboneng est devenu un quartier branché avec des studios d’art, des restaurants, des bars. Il fait partie des projets de réhabilitation urbaine les plus réussis dans le monde. 

Atelier d’artiste à Arts on Main dans MabonengPhoto : Marion

La municipalité et des entreprises privées ont emboité le pas pour revaloriser d’autres quartiers par la création artistique et passent régulièrement des commandes de murales.

Falko, artiste métis de Cape Town, a réalisé cette murale commandée par une grande marque de sport, dans Najbardziej Znani street à MabonengPhoto : Daniel

Aujourd’hui Johannesburg souhaite devenir une des capitales mondiales du Street Art. Depuis quelques années, en octobre, son festival d’art mural « City of Gold Urban Art Festival» attire des artistes du monde entier.

« Quand j’ai commencé en 2005 dans des passages souterrains, c’était illégal et mal vu », se souvient Bias, l’un des graffeurs en vue de Johannesburg.

 

« Nous voulons promouvoir notre ville comme l’une des capitales mondiales du graffiti et l’art de la rue auprès du public, alors que seulement 6 % des écoles proposent des cours de peinture », explique l’organisateur du festival, Jared Pereira.

Valérie Hirsch de rtbf.be

 

@Mars GraffitiPhoto : Marion

 

L’éléphant est un des thèmes favoris de FalkoPhoto : Marion

 

Queen of Dragons de ReskoPhoto : Daniel

Malheureusement, dans cette ville cosmopolite de presque six millions d’habitants, les inégalités restent fortes et nous rappellent le sombre passé de l’apartheid dont nous visiterons le Musée.

Musée de l’Apartheid. Echange de regards entre notre guide Damien et Daniel.Photo : Marion

Comme nous avions terminé la visite de Cape Town par Robben Island où Nelson Mandela avait été emprisonné durant 18 années sur 27 ans de détention, nous finissons celle de Johannesburg par la maison qu’il a occupée dans le township de  Soweto avec sa femme Winnie.

L’ancien domicile familial de Nelson Mandela à Soweto est une maison très modeste en brique. Il y vécut de 1946 jusqu’à son arrestation en 1962.Photo : Daniel
Tours d’Orlando à Soweto, symbole de ce township, l’un des plus peuplés d’Afrique du Sud. Anciennes tours de refroidissement d’une centrale à charbon.Photo : Daniel

Les premiers townships ont été construits dès la fin du XIXème siècle jusqu’à l’abolition de l’apartheid, le 30 juin 1991. Apartheid signifie « séparation, mise à part ». Les townships permettent la marginalisation des populations noires et métis, par un ordre social discriminatoire et des conditions de vie plus ou moins précaires. 

Ils sont découpés en parcelles égales où sont construites des petites maisons identiques produites en série à bas coût.

Township de SowetoPhoto : Marion

Damien nous fait remarqué que les townships, aujourd’hui, sont l’équivalent de nos cités avec leurs barres verticales, mais ici les constructions sont à l’horizontal, car l’Afrique du Sud n’a pas de problème d’espace. Une population plus aisée, voire blanche, choisit de s’y installer actuellement.

Villa contemporaine du township de SowetoPhoto : Marion

Par contre « les squatter camps » sont des bidonvilles. Les gens achètent quelques tôles et construisent illégalement une bicoque avec juste une pièce. Au bout de trois mois d’occupation, la municipalité installe une arrivée d’eau extérieure et des WC secs pour le quartier. Ils se branchent illégalement sur une ligne électrique. Un unique canapé et une télé meublent la bicoque. Le soir le canapé est poussé et les gens dorment par terre. « Finalement ce sont les gens favorisés qui payent l’électricité pour les pauvres. » nous fait remarquer Damien.

Squatter camp, bidonville aux abords de SowetoPhoto : Marion
  1. francine LESOURD

    Merci à vous deux qui savez si bien nous ravir.
    Je rentre avec Jacques d’un mois 1/2 en Patagonie chilienne et argentine avec passage du Cap Horn. Je me souviens que vous y aviez apprécié cette destination …. ce fut notre cas. Magnifique et magique !!! Amicalement.

    Répondre
  2. Françoise Leroulley

    J’adore le street art! Déjà à Hambourg il y avait un quartier entier, renommé pour ça. J’avais admiré, mais les vôtres sont dans la catégorie au-dessus!! Je passe et repasse les images. « Pour le reflet j’ai deviné aussitôt que CT Marion » Tendresse Sanfroise.

    Répondre

Écrire un commentaire

  • (Ne sera pas publi)