Maroc 2014

Les gourbis de la Plage Blanche

Février 2014

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Idriss, pêcheur de la Plage BlanchePhoto : Marion

Ils sont 9 au bord de l’oued à vivre de la pêche dans leur gourbi. Le « GOURBI » est un mot d’origine berbère passé dans la langue française : il désigne une maison très sommaire faite d’assemblage de différents matériaux.

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Gourbis de la Plage BlanchePhoto : Daniel

Ils restent 1 à 2 mois selon l’abondance de leurs prises et quand ils ont gagné suffisamment d’argent ils rentrent, à Agadir dans leur famille, à 220 km, pour une quinzaine de jours. Ils vivent sur la plage sans eau, sans électricité. Ils vont chercher l’eau de pluie collectée dans une citerne sur le plateau. Ils ont un fourgon WW de 1973, avec une bonne épaisseur de mastic et de peinture. Ils roulent sur la plage pour installer leurs filets.

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Le WW des pêcheurs de la Plage BlanchePhoto : Daniel

C’est avec ce fourgon qu’ils vont vendre leurs poissons à Sidi Ifni ou Goulmin à plus de 50 km. Ils en profitent pour acheter une tonne de glace pour 340 DH (30 €). Cette glace se conserve dix jours dans un congélateur, hors d’usage, couvert de couvertures.

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Marion

Leur gourbi est fait de planches, de tôles, de cartons, de bâches plastiques, de vieux filets et de broussailles. Du linge sèche accroché aux branches d’un arbuste épineux.

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Marion

Au sol sont étalés des filets de pêche blancs. Ce sont des pêcheurs sans bateaux. Ils accrochent leurs filets à des piquets métalliques d’un mètre de haut et de 3 cm de diamètre qu’ils plantent dans le sable à marée basse.

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L’un d’eux est en train de les détordre, un autre raccommode les filets.Photo : Marion

Abdullah, le plus jeune, est parti vendre du poisson aux touristes bivouaquant au-dessus de la Plage Blanche. Nous lui avons acheté ce matin un Bouri, mulet à grosses lèvres.

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AbdullahPhoto : Daniel

C’est super il nous l’a écaillé, vidé et découpé sur une pierre devant le véhicule. Très gentiment Abdullah nous invite à leur rendre visite. Ils ont entre 40 et 73 ans. Les soirées sont brèves, Ils se couchent tôt pour relever les filets qu’ils ont posés la veille à marée basse. A la marée suivante, ils récupèrent le poisson. Idriss nous fait visiter son gourbi.

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Chambre d’IdrissPhoto : Daniel

Contre toute attente, une bonne odeur nous accueille, une tajine est entrain de mijoter sur le gaz. Il dort sur une couchette en planche à 50 centimètres du sol enroulé dans des couvertures. Lors des grandes marées, ils peuvent avoir les pieds dans l’eau. Un chat roux cohabite et reste là quand les pêcheurs rentrent chez eux. Comme à Aftess Rknout les chats sont fidèles. Il faut dire que leurs maîtres sont sympas !

  1. beatrice

    Vous vous couchez bien tard ! Vous devez avoir une vie mondaine bien remplie. Encore une fois votre reportage est hallucinant et hors des sentiers touristiques battus.

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  2. Béatrice B.(BB)

    Voilà qui sort de l’ordinaire! Merci pour votre reportage ( je sais qu’il date… mais mon plaisir est immense de voir et revoir certaines photos: c’est ça la retraite aussi: prendre son temps!)
    Bon vent !

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